Dossier : Défragmenter son SSD ? Inutile ?

On retrouve souvent sur le web de nombreuses personnes qui disent qu’il ne faut pas défragmenter son SSD…

Si aujourd’hui, il y a des résultats tangibles à défragmenter quant à la vitesse gagné sur des disques durs, le SSD est catégorisé comme « non défragmentable »… Pas si sûr !

 

Définition de la fragmentation

Tout d’abord, il faut revenir à la définition de la fragmentation et comprendre comment fonctionne un disque dur pour parler « fragmentation » :

Le disque dur d’un ordinateur est divisé en secteurs et le système d’exploitation les rassemble pour former des clusters (blocs). Ainsi, un fichier est contenu sur un nombre entier de clusters : le dernier cluster n’est pas toujours entièrement rempli de données.

disque dur

Chaque fichier utilise donc plusieurs clusters, l’adresse de ces clusters est conservée par le système d’exploitation dans la Master File Table (MFT), ce qui lui permet de retrouver l’adresse physique du fichier sur le disque dur. Si les clusters contenant le fichier sont contigus, celui-ci n’est pas fragmenté. Toutefois, en pratique, les clusters d’un fichier sont généralement éparpillés par groupes, d’où la fragmentation du fichier.

(Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fragmentation_(informatique))

 

La fragmentation, Windows uniquement concerné ?

Pas vraiment !

Linux peut aussi avoir de la fragmentation sur ses disques mais beaucoup moins que Windows…

En effet, le principe de la fragmentation consiste à trouver de l’espace sur le disque. Dans le cas de Windows, le fichier est fragmenté en plusieurs morceaux et éparpillé dans de nombreux cluster sur le disque. Ainsi, lorsqu’une ouverture d’un fichier (un word par exemple) est demandé par un utilisateur, le système va réunir tous les fragments et reconstituer le fichier. Mais là où le bât le blesse dans le cas de Windows, le noyau NT (base du système Windows) comble les espaces libres à partir du début de disques… Ainsi le processus qui gère la fragmentation n’est pas optimisé… A l’inverse, le noyau Unix (base des systèmes Linux) utilise un processus qui va fragmenter les fichiers en calculant en amont l’espace dont à besoin le fichier pour être fragmenter. Ainsi, la plus grande partie de l’espace sera alloué sur les clusters…

Le problème ne vient donc pas de la fragmentation mais du processus qui va optimiser l’espace.

Maintenant que nous avons compris les concepts liés à la fragmentation, nous allons nous intéresser à la différence de fragmentation entre un disque dur classique et un SSD

Dans le cas des disques durs mécaniques et SSD, nous sommes sur deux technologies différentes. La vidéo suivante vous permettra de comprendre les différentes technologies :

Ainsi, dans le cas d’un disque dur mécanique, les fichiers fragmentés vont être recherchés par la tête de lecture. Le temps de chargement du fichier va donc être plus long car la tête de lecture devra lire à plusieurs endroits sur le plateau.

Dans le cas du SSD, l’accès en écriture est tellement rapide, que fragmenter un fichier n’a pas d’intérêt pour le système…

 

Mais alors, la fragmentation sur les SSD ne sert à rien ?

Et bien si ! Cela dépend du système… Et devinez qui est le grand gagnant ? WINDOWS !

Le problème vient du système de fichier : le NTFS !

Inventé il y a plusieurs décennies déjà, le NTFS n’avait pas prévu d’utiliser les SSD à l’époque…

Avec le NTFS, Windows va stocker pour chaque fichier une « table d’allocation » où seront répertoriés les différents « morceaux » du fichier.
Pour lire un fichier, il va donc lire cette table, puis lire les différents morceaux dans l’ordre.

Sauf que cette table, d’une part devient vite complexe à lire quand le nombre de fragments augmente, et d’autre part ne peut contenir qu’un nombre de fragments limité !

Plus exactement, le NTFS va allouer une table de taille limitée contenant d’autres tables de tailles elles mêmes limitées pour y stocker les positions des fragments.
Si le fichier est peu fragmenté, il n’y aura donc qu’une seule table à consulter. Si le fichier devient plus fragmenté, il faudra consulter plusieurs tables (c’est un petit peu plus long mais rarement perceptible). Et si le fichier devient vraiment très fragmenté, le nombre de tables peut carrément ne plus suffire !

Ainsi, il est donc utile de défragmenter son disque SSD de temps en temps par rapport au système de fichier NTFS, qui est fortement limité en nombre de fragments par fichier…

(Source : http://www.olivierhuet.fr/blog/20141207/defragmenter-un-disque-dur-ssd-oui-cest-utile/)

 

Conclusion : La défragmentation sur les SSD est nécessaire tant que Microsoft n’aura pas changer son système de fichiers NTFS. Malgré un nouveau système de fichier créé il y a quelques années (ReFS), on pourrait s’attendre à un changement au niveau défragmentation…

Un article récent du 21 août indique cependant que les dernières versions de windows 10 Pro aurait supprimé le ReFS : https://www.ghacks.net/2017/08/21/microsoft-removes-refs-file-system-create-option-from-windows-10-pro/

Il faudra donc patienter un peu avant de voir la fin de la défragmentation chez Microsoft…

 

 

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